L’association Vivre Autrement Ses Formes vous présente ce document d’informations sur la chirurgie bariatrique basé sur l’expérience de patients et à destination de toute personne actuellement en questionnement. Nous livrons ici notre témoignage en espérant pouvoir vous aider le mieux possible.

L’obésité concerne actuellement 15% de la population française et quasiment la moitié des sujets sont en surpoids, c’est-à-dire avec un IMC (Indice de Masse Corporelle) compris entre 25 et 30 kg/m2 . La France est le 4ème pays du monde en nombre d’interventions bariatriques par habitant avec ces 47000 interventions par an, dont 30 % de bypass et 56% de sleeve gastrectomies.

Quelles sont les différentes opérations bariatriques ?

  • La sleeve gastrectomie : c’est une technique restrictive qui consiste à retirer les 2/3 de l’estomac de manière à ne laisser qu’un tube vertical d’estomac.

    Chirurgie bariatrique : Sleeve gastrectomie

    Sleeve gastrectomie

  • Le bypass gastrique: c’est une technique restrictive et malabsorptive puisque l’estomac est restreint à une petite poche supérieure qui est raccordée plus bas à l’intestin grêle. Aucun organe n’est enlevé mais la circulation de l’alimentation dans le tube digestif est modifiée et les aliments ne sont pas assimilés en totalité par l’organisme.
Chirurgie bariatrique : Bypass gastrique

Bypass gastrique

Avec ces 2 techniques, l’appétit est diminué notamment du fait que la partie de l’estomac contenant les cellules qui sécrètent l’hormone dite « de la faim » (la ghréline) est court-circuitée ou enlevée. Bien que le montage du bypass soit théoriquement « démontable », il faut considérer ces 2 opérations comme irréversibles.

Attention : La sécurité sociale prend en charge l’intégralité des examens à l’hôpital public. En clinique privé, vous aurez à régler les dépassements d’honoraires.

 

Qui peut bénéficier d’une chirurgie bariatrique ?

Ces opérations concernent les personnes adultes (entre 18 et 60/65 ans environ, parfois un peu plus ou moins s’il n’y a pas de contre-indications) qui ont un IMC supérieur à 40, ou 35 mais avec des comorbidités (diabète, hypertension artérielle, syndrome d’apnée du sommeil…) et qui n’ont pas obtenu de résultats suffisamment satisfaisants en terme de perte de poids avec une prise en charge médicale.

 

Est-ce vraiment efficace ?

La chirurgie de l’obésité n’est pas une solution miracle mais c’est une aide pour perdre du poids, elle peut avoir un effet positif sur certaines affections liées à l’obésité et elle améliore certains aspects de la qualité de vie (par exemple moins de difficultés à marcher et bouger, plus de confiance en soi…). La perte de poids attendue est de l’ordre de 50 à 70% de l’excès de poids en moyenne après 1 an et demi à 2 ans. Au-delà, une reprise de poids très modérée est possible et le résultat sera moins significatif en cas de deuxième chirurgie bariatrique.

Attention : ces techniques chirurgicales ne permettent pas à elles seules de perdre du poids et de se stabiliser durablement. Elles ne sont efficaces qu’à condition de modifier ses habitudes alimentaires, de travailler sur son activité physique et d’être suivi médicalement à vie. La plupart des échecs en termes de perte de poids sont en lien avec un suivi pré ou post opératoire insuffisant.

 

Quels sont les risques ?

En chirurgie, le risque 0 n’existe pas. Même si la mortalité liée à ces opérations est faible (0,2 à 0,5%), elles peuvent entraîner un certain nombre de complications. Il peut s’agir :

  • de problèmes liés au montage chirurgical: fistule (fuite au niveau des agrafes), sténose (rétrécissement), hernie, ulcère… En général, ceux-ci peuvent être corrigés.
  • de carences nutritionnelles: la prise de suppléments en vitamines, minéraux et   oligoéléments, et une alimentation variée permettent de prévenir leur apparition mais certains suppléments sont à prendre à vie, notamment pour ceux qui bénéficient d’un bypass.
  • de difficultés liées à la modification de l’image du corps et des relations avec les autres.

 

Qui décide si je peux avoir droit à une chirurgie bariatrique ?

C’est toute une équipe de différents spécialistes (endocrinologues, chirurgiens, psychologues, psychiatres, diététiciens, anesthésistes, pharmaciens…) qui prendra une décision collégiale lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Selon une balance risques/bénéfices, cette équipe déterminera pour chaque patient si le bénéfice d’une chirurgie bariatrique est vraiment plus important que le risque de l’intervention, et ce dans tous les aspects de sa vie (physiologiquement, psychologiquement, socialement…).

Si l’intervention est envisageable, elle peut s’effectuer assez rapidement. En revanche, si l’équipe pluridisciplinaire rend un avis défavorable, soit il est définitif parce que le patient ne rentre pas dans les critères définis par la Haute Autorité de Santé et on lui proposera une autre prise en charge non chirurgicale, soit il est temporaire parce qu’il est estimé que le patient n’est pas suffisamment bien préparé pour avoir les meilleures chances de réussite. A ce moment-là, le dossier sera réexaminé dès que le patient aura rempli toutes les conditions. Les contre-indications sont entre autres : risque anesthésique élevé, troubles sévères du comportement alimentaire, troubles mentaux, dépendance à l’alcool ou aux drogues, ou encore incapacité à suivre une prise en charge médicale prolongée.

Attention : Pour information, aux HCL, le taux de patients refusés lors de cette commission pluridisciplinaire est de 20%.

 

Quelle chirurgie pour moi ?

En fonction des différents examens médicaux que vous allez effectuer, une chirurgie peut être privilégiée à l’autre. En général, les médecins privilégient la sleeve, moins contraignante pour les patients, sauf si vous êtes dans les situations suivantes :

  • Vous avez du reflux ou une irritation à l’œsophage. La sleeve peut aggraver ces symptômes qui à terme peuvent favoriser le développement d’un cancer de l’œsophage.
  • Vous avez des du diabète, de l’apnée du sommeil ou de l’hypertension artérielle qui sont difficilement contrôlables avec les médicaments. Le bypass sera alors privilégié car il a un effet positif et supérieur à la sleeve sur ces différentes comorbidités.
  • Vous avez déjà subi une opération de chirurgie bariatrique, l’anneau gastrique par exemple. Une deuxième chirurgie bariatrique sera moins efficace, et l’on préfèrera alors le bypass.

Pour information, ces opérations sont réalisées sous anesthésie générale et généralement par cœlioscopie, ce qui induit 5 petits trous sur le ventre en guise de cicatrices.

 

Combien de temps dois-je attendre et comment m’y préparer ?

La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande un suivi préopératoire de 6 à 12 mois car cette préparation va déterminer le succès de l’opération. Il est d’abord nécessaire de s’engager en toute connaissance de cause et de participer pleinement à la décision d’une chirurgie. De plus, le patient doit absolument comprendre et accepter la nécessité d’un suivi régulier et à vie. Il est demandé aux fumeurs d’arrêter la cigarette au moins 1 mois avant l’opération.

Pour les professionnels de santé, ce délai leur permettra de faire un bilan de santé complet, de vérifier l’adhésion du patient à un cadre de suivi, d’évaluer ses habitudes alimentaires, son activité physique ainsi que son état psychologique, de dépister des éventuelles comorbidités et d’informer le patient sur sa démarche de chirurgie. Il sera également effectué une gastroscopie avant l’intervention : c’est un examen qui consiste à aller explorer l’intérieur de l’œsophage et de l’estomac à l’aide d’une petite caméra. Cet examen permet de vérifier que l’estomac n’est pas malade (reflux, ulcère, cancer) et de dépister la présence dans l’estomac d’une bactérie : Helicobacter Pylori. Si cette bactérie est présente, ce qui est fréquent, elle doit être éliminée avant la chirurgie par un traitement antibiotique, car elle augmente notamment le risque de présenter un ulcère de l’estomac et parce qu’une partie de l’estomac n’est plus accessible après bypass. Une à deux semaines avant l’opération, les médecins peuvent dans certains cas demander de suivre un régime alimentaire sans sucres ni graisses afin de diminuer le volume du foie pour permettre une meilleure accessibilité aux organes par le chirurgien.

 

Combien de temps dure l’hospitalisation et comment ça se passe ?

La durée d’hospitalisation peut varier selon les individus et les établissements de santé mais est en général de 3 à 5 jours. Dans certains cas, l’intervention peut même se faire en ambulatoire, c’est-à-dire que vous rentrez le matin et sortez dès le premier soir pour être hospitalisé à domicile.

Le matin de l’opération, vous prendrez une douche à la bétadine, puis irez la plupart du temps dans la salle d’opération à pied, ce qui est moins angoissant. L’opération dure 1 à 2 heures environ. Au réveil, soit vous revenez directement dans votre chambre, soit on vous place en soins intensifs pendant 24h pour être sous surveillance rapprochée si vous présentez un risque anesthésique important (problèmes cardiaques ou respiratoires par exemple). L’opération ne nécessite ni drain, ni sonde, vous n’êtes embarrassé que d’une perfusion. Très rapidement après votre réveil, le personnel vous encouragera à vous lever (en position assise dans un premier temps) afin d’éviter les phlébites. Pour les mêmes raisons, vous pouvez mettre des bas de contention. Vous pourrez éventuellement ressentir quelques douleurs modérées pendant les tous premiers jours. Il ne faut pas hésiter à demander des antidouleurs si tel est le cas.

Au 3ème jour, vous pourrez éventuellement passer un ultime examen, le TOGD (Transit Oeso-Gastro-Duodénal) qui consiste à vous faire boire un liquide de contraste juste avant de faire une radio de manière à vérifier qu’il n’y ait pas de fuite au niveau du montage chirurgical. Si cet examen est normal, vous reprendrez une alimentation, liquide dans un premier temps, et si tout se passe bien, vous pourrez sortir de l’hôpital.

 

Combien de temps je serai en arrêt de travail ?

Normalement, les médecins vous délivrent un arrêt de travail d’1 mois (qui peut se prolonger si besoin). En effet, le premier mois, en général vous ressentez une grande fatigue due notamment à la perte de poids importante. Cette fatigue ne vous empêche pas de reprendre une activité quotidienne normale (faire le ménage, s’occuper des enfants…) mais vous aurez besoin de davantage de repos. Ce délai est d’autant plus utile car il faudra du temps à votre corps pour se remettre de l’opération et de l’anesthésie, et ce temps vous permettra surtout de vous habituer petit à petit à votre nouveau mode d’alimentation.

 

Dois-je prendre des médicaments ?

Dans les premiers temps, oui pour s’adapter aux changements que l’intervention provoque : fer, vitamines (A, B12 et D notamment), protecteur gastrique et aussi les piqûres d’anticoagulant (pendant les premières semaines) pour se prémunir des phlébites. Après une sleeve, les supplémentations vitaminiques sont à prendre pendant les 6 premiers mois (période de perte de poids rapide) et après un bypass, ces supplémentations sont à poursuivre à vie du fait de la malabsorption. Sachez que les ordonnances peuvent différer d’une personne à l’autre mais que plus vous aurez une alimentation variée et équilibrée et moins vous aurez besoin de supplémentation. Ces médicaments sont pour la plupart remboursés par la Sécurité Sociale sauf les compléments alimentaires (exemples : Bion 3 ou Supradyn Intensia) pour lesquels il faut compter 7 à 15 € par mois.

Attention : Dans la mesure du possible, vous devrez à l’avenir éviter la prise de médicaments toxiques pour l’estomac tels que l’aspirine, les anti-inflammatoires ou encore les corticoïdes.

 

Comment je mange après ?

Afin de réadapter l’estomac, les diététiciens recommandent de manger des aliments mixés pendant 1 semaine (par exemple purée, yaourts, compotes…), puis des aliments moulinés (c’est-à-dire dont la texture est tendre tels que pâtes, légumes ou fruits bien cuits) pendant 2 semaines. Progressivement, vous pourrez manger de tout et retrouver une alimentation solide. Malgré tout, après une chirurgie bariatrique, quelques conseils alimentaires et diététiques sont nécessaires.

Au niveau alimentaire :

  • Les boissons gazeuses sont vraiment à éviter car elles sont mal tolérées et peuvent dilater l’estomac.

  • La prise d’alcool n’est pas interdite mais à restreindre dans la mesure où l’alcool est riche au niveau calorique et que l’ivresse vous gagne beaucoup plus rapidement qu’avant.

  • Attention à ne pas manger trop gras ou trop sucré (ou trop vite) car cela peut provoquer un « dumping syndrome », sorte de malaise général qui arrive brutalement et se traduit différemment en fonction des personnes, principalement par des sueurs, des palpitations, des bouffées de chaleur, une fatigue extrême ou parfois même des diarrhées.

  • De plus, il n’est pas rare de découvrir des changements dans vos goûts alimentaires. Des aliments que vous aimiez avant vous dégoûtent maintenant, et inversement.

Au niveau diététique, vous devez intégrer certaines habitudes au quotidien :

  • Prendre le temps de manger et de bien mastiquer, au calme, assis et pendant au moins 30 minutes.

  • Ne pas trop boire en mangeant. Les boissons prenant de la place dans l’estomac, on vous conseille donc de boire 30 minutes avant le repas et 1 heure après, mais attention à s’hydrater suffisamment entre les repas.

  • Manger équilibré et varié pour éviter les carences nutritionnelles, et notamment mettre l’accent sur les protéines (viandes, poissons, œufs, produits laitiers). Les protéines étant ce qui permet de « nourrir » les muscles (avec l’activité physique), un apport suffisant est donc primordial afin de ne perdre que la masse grasse.

Désormais, vous mangez des plus petites quantités puisque vous avez subi une chirurgie restrictive, mais vous ne ressentez pas de frustration puisque l’appétit est diminué et que la satiété arrive plus rapidement. Cependant, cela ne vous empêche en rien d’avoir une vie sociale tout à fait normale. En dehors du premier mois peut-être, vous pourrez inviter, vous faire inviter ou aller au restaurant sans difficultés. Lors d’une invitation à dîner, vous pourrez décider d’évoquer votre opération, les gens sont assez compréhensifs, ou simplement apparaître comme un petit mangeur parmi les autres. Le plus important, c’est de ne pas se forcer, d’être à l’aise avec soi-même et ses sensations, d’écouter son corps et de se faire plaisir.

Attention : si des symptômes ou troubles digestifs réguliers apparaissent comme des diarrhées ou des vomissements, ce n’est pas normal du tout, vous avez peut-être un problème post-opératoire et devez consulter aussi vite que possible.

 

Et l’activité physique, c’est obligatoire ?

Oui, quoiqu’il en soit ! Immédiatement après l’opération, pas de sport ni de port de charges lourdes mais vous devez marcher, ne serait-ce que pour diminuer le risque de phlébite. Puis, après ce premier mois, il est nécessaire d’avoir une activité physique pour garantir le succès de l’opération, notamment au niveau de la perte de poids. Lorsque vous perdez du poids, vous perdez de la graisse bien sûr mais aussi des muscles. Pour éviter cela, il faut les entretenir de deux façons différentes :

  • Par l’activité physique quotidienne telle que la marche, monter les escaliers, faire le ménage, du jardinage, du bricolage…
  • Par la pratique d’une activité physique et sportive (légère à modérée) qui fait travailler notamment l’endurance et/ou le renforcement musculaire. Vous devez choisir une activité qui vous convienne en fonction de votre condition physique et dans laquelle vous pourrez vous épanouir, l’objectif étant de le faire par plaisir et non par contrainte. Elle peut prendre différentes formes en fonction de vos intérêts : aquagym, aquabike, natation, gymnastique douce ou dynamique, salle de sport, vélo d’appartement, activités de plein air, seul, accompagné ou en groupes…

L’avantage, c’est que plus vous perdez du poids, plus vous serez capable d’apprécier les bienfaits d’une activité physique et sportive : vous êtes plus dynamique, moins essoufflé, vous retrouvez du tonus musculaire, vous avez moins mal aux articulations…

 

Est-ce qu’il y a un suivi ?

Après la chirurgie, la prise en charge est conséquente puisqu’un suivi régulier est mis en place sous forme soit de consultation, soit d’hospitalisation de jour à 1 mois, 3 mois, 6 mois, 18 mois, 24 mois puis à vie 1 fois par an. Il est vraiment primordial que ce suivi soit rigoureusement respecté car il vous permet de faire un bilan de votre opération sur tous les plans : physiologique, psychologique, social, diététique, activité physique… et donc d’éviter des complications futures.

Le suivi post-opératoire consiste en un suivi pondéral pour vérifier le taux de perte de poids tout au long des deux premières années. Les professionnels de santé vont être particulièrement vigilants et vérifier que la perte de poids est « suffisante » et qu’elle ne s’arrête pas trop précocement, mais aussi qu’elle ne soit pas trop massive et rapide. On s’attachera à suivre également l’évolution des comorbidités, notamment le diabète, l’hypertension artérielle et le syndrome d’apnée du sommeil. Vous ferez différents examens et en fonction des résultats, une supplémentation vitaminique sera mise en place afin d’éviter les carences et la dénutrition. Vous verrez également toute l’équipe pluridisciplinaire à tour de rôle. Ces professionnels vous apporteront des conseils afin de vous permettre de vivre au mieux les conséquences de la chirurgie bariatrique au quotidien, notamment au niveau nutritionnel et de l’activité physique. Le suivi psychologique n’est pas toujours offert mais il est cependant très souvent préconisé.

Attention : Il a été décrit un sur-risque suicidaire et addictif après bypass gastrique, il est donc très important de ne pas perdre le contact avec les professionnels susceptibles de vous aider.

 

Est-il prévu une chirurgie réparatrice ?

Oui, après stabilisation du poids, la chirurgie réparatrice n’est pas obligatoire mais elle fait partie intégrante du suivi bariatrique. Nous parlons bien ici de chirurgie réparatrice puisqu’il s’agit d’enlever un excédent de graisse ou de peau gênants sur le plan fonctionnel et esthétique. Ces interventions sont prises en charge par la Sécurité Sociale si celles-ci sont justifiées et uniquement pour certaines zones du corps, en l’occurrence l’abdomen (ventre), le dessous des bras et l’intérieur des cuisses. Les interventions au niveau des seins et des fesses sont souvent considérées comme des chirurgies esthétiques et vous devrez donc en assumer les frais si vous faîtes le choix d’opter pour celles-ci.

 

Et si je désire un enfant ?

Une grossesse n’est pas incompatible avec une chirurgie bariatrique, au contraire puisque la perte de poids améliore la fertilité des femmes et diminue le risque de complications obstétricales. Cependant, il faudra bien la programmer car elle ne pourra s’effectuer qu’avant ou bien après l’opération et une stabilisation du poids, soit environ 1 an et demi ou 2 ans après. Pendant cette période, il est demandé aux patientes d’avoir une contraception fiable. En effet, puisque la chirurgie bariatrique provoque des carences, il est extrêmement déconseillé de tomber enceinte avant d’avoir le feu vert des médecins. Puis, avant et pendant la grossesse, il est primordial d’avoir un suivi régulier, notamment sur le plan nutritionnel, car il y aura besoin d’une supplémentation multi vitaminique ainsi qu’en fer et en calcium.

 

Quelles sont les conséquences de la chirurgie bariatrique ?

En dehors ou à la suite de la perte de poids, une chirurgie bariatrique peut avoir des conséquences inattendues. Dans la mesure où l’organisme puise son énergie pour se remettre de l’opération et de l’anesthésie, et pour pallier à la perte de poids, certaines parties du corps considérées comme secondaires en subissent les conséquences. Il n’est donc pas rare de voir apparaître certains symptômes chez les patients tels que la chute de cheveux, les ongles cassants, la peau sèche, des problèmes dentaires ainsi qu’une sensibilité au froid plus aigüe par exemple. Ces symptômes peuvent fortement varier d’un individu à l’autre et ils ne durent que pendant les premiers mois.

De plus, une perte de poids importante peut être très perturbante car elle change l’image qu’on a de soi. Même si l’objectif de la chirurgie est la perte de poids, le rapport au corps est toujours plus complexe qu’on ne le croit. Psychologiquement, cela pourrait provoquer un sentiment de vulnérabilité, voire même des angoisses. A l’inverse, pour certains, après avoir perdu des kilos, la peur d’en reprendre est omniprésente et il n’est pas rare de voir apparaître un rapport anormal à l’alimentation comme des tendances anorexiques.

Enfin, les interactions sociales sont perturbées. Bien souvent, les patients gagnent en assurance et s’affirment davantage, mais le regard des autres change également. Il peut donc apparaître un bouleversement dans les relations, que ce soit au sein de la famille, du couple ou au travail, avec un risque de fragilisation des rapports sociaux en place (séparation/divorce/jalousie/difficultés professionnelles). Il est donc primordial de bien communiquer avec ses proches et de les impliquer dans toutes les démarches autour du projet chirurgical afin d’anticiper l’apparition d’éventuelles difficultés.

 

Conclusions

Avoir recours à une chirurgie de l’obésité n’est pas une décision facile. C’est un projet de vie qui doit être mûrement réfléchi et bien préparé à l’avance. La chirurgie de l’obésité affecte tous les domaines de la vie. Physiologiquement, le corps est mis à rude épreuve et vous allez devoir l’écouter afin de pouvoir vous ajuster à votre nouveau mode de vie. Psychologiquement, les changements du corps, du regard sur soi ou du regard des autres peuvent être parfois très difficiles à vivre. Le plus important, c’est de ne pas être seul ! Vous pouvez bien sûr contacter l’équipe médico-chirurgicale qui vous a encadré en cas de besoin. N’hésitez pas non plus à intégrer vos proches, votre conjoint particulièrement, afin d’être soutenu à chaque étape du processus de chirurgie.

Si vous sentez qu’il vous manque des informations ou que vous avez envie d’un accompagnement plus personnalisé, que ce soit avant, pendant ou après votre intervention, vous pouvez compter sur Vivre Autrement Ses Formes (VASF), association de patients dans le département du Rhône. VASF vous propose diverses activités qui ont pour but le partage d’expérience, l’entraide et la lutte ensemble contre la maladie qu’est l’obésité.

 

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Document réalisé par Aurélie Quillet, présidente VASF (relu et corrigé par Céline Bourgin, secrétaire VASF et Pr. Emmanuel Disse, endocrinologue aux HCL)